1. Pouvez-vous nous présenter Anywaves et votre activité en quelques mots ?
Anywaves rassemble plus de 25 ans d’expérience complémentaire dans les technologies RF et sous-systèmes payload pour le spatial. Notre catalogue est complet : du composant antenne sur étagère (COTS) aux solutions entièrement personnalisées, en passant par des équipements de test RF, des plateformes de radio logicielle (SDR) et des payloads intégrés. Nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne en interne — design, ingénierie, qualification, production et livraison — au sein d’une organisation certifiée EN9100. Nos clients vont des acteurs institutionnels aux opérateurs de constellations, en Europe comme à l’international. Nous disposons aujourd’hui d’équipes en France, au Luxembourg et aux États-Unis (Austin, Texas), ce qui nous permet d’accompagner nos clients au plus près de leurs besoins, du concept au produit qualifié pour le vol.
2. Qu’attendez-vous du partenariat avec le projet COMETES ?
Ce partenariat avec COMETES nous tient particulièrement à cœur, car il permet de valoriser la vulgarisation scientifique sur des sujets encore trop peu accessibles aujourd’hui — l’ingénierie spatiale, et la RF en particulier. C’est une démarche qui va de pair avec le travail que nous menons sur notre blog et nos articles de fond. Elle participe aussi à promouvoir l’intérêt et l’importance du marketing dans le secteur spatial : rendre l’inaccessible accessible, donner corps et voix à l’espace — un peu l’esprit de notre slogan « Space, unmuted ». Enfin, nous comptons nous appuyer sur l’ensemble des contenus du projet COMETES dans notre processus d’intégration des nouveaux collaborateurs, pour les mettre à niveau sur certaines thématiques précises : un vrai atout pour faciliter l’arrivée de talents qui ne viennent pas forcément du spatial !
3. Pouvez-vous nous parler des Nuggets en cours de création et ceux à venir ?
Nous avons contribué à deux nuggets sur la plateforme NaaS. Le premier revient sur la notion de gain d’antenne : ce qu’elle représente concrètement, comment elle s’exprime en dBi, et pourquoi il est important de comprendre qu’un gain élevé ne crée pas de puissance supplémentaire, mais concentre l’énergie dans une direction donnée. Le second s’intéresse à la chaîne radiofréquence d’une antenne spatiale : il présente les différents blocs qui la composent — de l’antenne elle-même jusqu’au démodulateur, en passant par les filtres et amplificateurs — et le rôle de chacun dans la réception ou l’émission du signal. Pour la suite, nous aimerions élargir la bibliothèque à d’autres notions techniques spécifiques au secteur, comme la polarisation des antennes ou les niveaux de maturité technologique (TRL), mais aussi ouvrir un nouveau volet sur le marketing dans le spatial : ses bonnes pratiques, et ce qui le différencie des autres industries.
4. Selon vous, quelles seront les compétences clés dont le secteur spatial aura besoin demain ?
Le secteur spatial n’a jamais été aussi accessible, avec un marché qui combine aujourd’hui de grandes méga-constellations et des projets plus modestes, comme des démonstrateurs scientifiques portés par des start-ups. Cette diversité multiplie la variété des défis techniques à relever, avec des délais toujours plus courts. Dans ce contexte, plusieurs compétences vont devenir clés. D’abord, les compétences techniques historiques restent essentielles — RF, électromagnétisme, mécanique, thermique — mais elles doivent s’accompagner d’une vraie capacité à raisonner en ingénierie système, car les produits sont de plus en plus intégrés et contraints en coût, en délai et en masse. Ensuite, la maîtrise des outils numériques — simulation, IA, automatisation des tests — devient un vrai différenciateur pour aller plus vite sans sacrifier la qualité. Enfin, nous croyons beaucoup aux compétences transverses : travailler en équipes pluridisciplinaires et internationales, communiquer, s’adapter à un environnement en mouvement permanent. Les jeunes ingénieurs qui sauront combiner rigueur technique et agilité seront particulièrement recherchés.
Un dernier point nous tient particulièrement à cœur chez Anywaves. Nous nous sommes aperçus que la formation dans le spatial se concentre presque exclusivement sur les sciences, les technologies et l’ingénierie : le fameux « STEM » , et beaucoup moins sur… les 22 autres lettres de l’alphabet ! Pourtant, la réussite d’une entreprise spatiale ne repose pas uniquement sur les aspects technologiques : les fonctions dites « support » — commercial, marketing, communication, partenariats, finance, achats… — y contribuent tout autant. Elles doivent elles aussi s’adapter et évoluer avec le secteur, et méritent d’être davantage prises en compte dans la réflexion sur les compétences de demain.

